Extraits de "La malicieuse revanche d'un souffre-douleur"

Le premier chapitre en intégralité...

Extraits divers

« Une fois que les bandes s’étaient formées, elles étaient devenues des continents qui dérivaient sur le planisphère de la cour de récré, des pays qui avaient fini par voir le jour et vous faisaient autant d’étrangers qu’il y avait de frontières. Moi, j’ai vite été étranger à toutes ces nations. À peine l’année avait-elle commencé que j’étais apatride. »

 

« Il n’est pas moins compliqué d’être trop grand dans la cour qu’il ne l’est d’être trop petit. Ce qu’il ne faut pas être, en somme, c’est trop. Être trop, c’est risquer de se faire désigner comme souffre-douleur, sans que la moindre concertation soit nécessaire. Car cette différence, faisant du malheureux élu quelqu’un d’unique, fait en même temps de lui quelqu’un de seul, seul contre tous. Le voilà devenu une proie facile. Pas la peine de se concerter. Un élève différent, c’est une aubaine pour les autres. Celle d’échapper au sort qu’ils lui réservent. »

 

« Je courais à nouveau tout en espérant me semer. Mais on n’y parvient jamais, à se semer. »

 

« Il y a des gens que l’on voit parler seuls dans la rue. Ils ne font rien d’autre que de déborder un peu d’eux-mêmes, comme du lait chaud. Ils ne sont pas plus fous que nous autres, ces gens. Ils sont juste moins étanches. »

 

« Je me demande juste ce qu’on a gagné avec les mots, c’est tout. Dès lors que nous les acceptons pour nous élever, nous accueillons avec eux le mal qu’ils savent également faire. »

 

« Le futur, c’est là où on va. Et le passé, c’est là d’où l’on vient. Nous, on est au milieu. C’est au milieu qu’il est, le monde, en vrai, celui qu’on palpe, celui qu’on sent. »

 

« C’est parfois plus simple d’être seul à deux que seul tout seul. »

 

« Il y a des gens comme ça qu’on ne voit pas. Ils ne passent pas nécessairement à côté de leur vie. Juste à côté de la nôtre. »

 

« Ce n’est pas la tricherie qui lui posait problème à Thierry. Et franchement, ça me dégoûtait un peu. Tricher oui, mais avec un minimum de remords. »

 

« Il y avait ainsi, dans la rame, une gazette qui avait un succès à tout rompre. Celle-ci contenait des mots gratuits. Plus c’est gratuit, et plus ça semble intéressant, ce qu’ils nous disent, les mots. Et tant pis pour ce qu’il leur en coûte, aux adultes, de les lire, pourvu qu’il n’en coûte rien à leur portefeuille. »

 

« Alors j’ai tenté de me rapprocher un peu d’eux pour mieux entendre, l’air de rien. Mais je n’ai réussi qu’à avoir l’air de rien. »

 

"La Malicieuse revanche d'un souffre-douleur" (édition Mazarine-Fayard) est paru le 6 septembre 2017. Disponible en librairie (ou en commande chez votre libraire)

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